Séries Télévisées

« Miskina la pauvre » : une première série réussie ?

Fin septembre, la plateforme Amazon Prime Video nous proposait de découvrir la première série de Melha Bedia : Miskina, la pauvre . S’il ne s’agissait pas d’un baptême du feu pour la jeune femme en tant que réalisatrice, elle présente ici son premier bébé sous format sériel. Alors, réussi ou pas ? On vous dit tout, dans cet article !

©Amazon Prime Video France

L’expérience « Forte »…

Avec le film Forte, Melha Bedia signe sa première réalisation. Selon moi, c’était un essai raté qui avait pourtant un sacré potentiel ; sans parler du casting exceptionnel (Valérie Lemercier, Jonathan Cohen etc.).

Du coup, je dois admettre avoir lancé Miskina, la pauvre sans grande conviction. Mon ressenti semblait se confirmer au fur et à mesure que les épisodes défilaient… Quand soudain, mi-saison, arrivent enfin des arcs narratifs consistants, avec de vraies pistes de réflexion. Comme quoi la persévérance a souvent du bon !

Une trentenaire ratée ?

Cette série n’est pas un biopic de l’humoriste, pourtant on ne peut s’empêcher de voir des similarités entre elle et Farah (son personnage).

©Europe1


Farah est sans emploi, célibataire et toujours hébergée chez sa mère. Le tableau paraît bien triste et ne donne pas réellement une bonne image de notre héroïne.
Pourtant, elle me semble exprimer inconsciemment la situation de nombreux trentenaires, en quête d’identité et d’accomplissement.
La société – notamment via le prisme des réseaux sociaux – inflige aux nouvelles générations une pression monumentale quant à la course à la réussite et l’épanouissement.

À 30 ans, vous devez avoir un emploi stable, un début de vie de famille…or Farah nous montre que ce schéma n’est pas valable pour tous et n’est pas synonyme de bonheur absolu non plus.
Est-ce qu’on est paumé et sans avenir lorsque l’on réalise toutes ces choses plus tardivement, voire jamais ? Non, c’est d’ailleurs un peu le « reminder » exprimé par la série. Il n’y a pas UNE formule du bonheur, mais des milliers. Chacun écrit son histoire à son rythme. Et rien que pour cela : un grand merci !

La question de l’Islam

L’Islam est une thématique phare que Melha Bedia aborde sans fioritures.
Que ce soit au niveau du vocabulaire employé, de la religion et ses préceptes, de la culture : tout y passe !
Elle traite toutes ces questions avec pédagogie mais surtout avec beaucoup d’humour et d’autodérision !

Toute la partie tournée en Algérie est culturellement vraiment intéressante et émouvante. C’est d’ailleurs probablement celle que j’ai préféré sur les huit épisodes.
Peu importe nos horizons, on se reconnaît dans cette reconnexion aux racines et à la famille opérée par Farah et sa sœur à Oran.

©NouvelObs.com

L’amour, l’amour, l’amour…

Que serait une série TV sans amour ? L’amour au sens large : amical, familial, sentimental.

Farah est le ciment qui lie toutes les personnes qui gravitent autour d’elle. Elle est la seule pourvue de suffisamment de douceur, de calme, d’écoute, d’analyse pour résoudre les incompréhensions et les malheurs de chacun. C’est peut-être d’ailleurs à cause de cette position de pilier central, qu’elle a fini inconsciemment par s’oublier et mettre sa vie de côté.

Le destin va tout de même la forcer à se consacrer à elle et sa vie amoureuse, en mettant sur sa route un charmant jeune homme rencontré au mariage de sa sœur. Vous vous doutez bien qu’il y a un MAIS dans l’histoire, et que ce nouvel amour ne prendra pas vie facilement. Intervient une tierce personne, qui la plonge dans un triangle amoureux inattendu ; ne facilitant pas la tâche de notre petite Farah.

Qui va-t-elle choisir ? J’ai le regret de vous annoncer que cette saison 1 ne vous le dira pas !

Bilan ?

Miskina, la pauvre est dans l’ensemble une bonne surprise ; notamment parce que je partais avec des à priori.
Ce n’est pas la série de l’année, mais elle reste plaisante à regarder en ces weekends d’automne.

On ne rit pas à s’en décrocher la mâchoire, mais on reconnaît bien la patte de Melha Bedia. Ce qui m’a le plus plu au final, c’est de voir la réalisation de la jeune femme s’affiner. Avec cette série, elle définit son style et montre de quoi elle est capable.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *