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Les profs : ma synthèse des interviews à la rentrée 2020

Enfants masqués, gestes barrières à respecter, professeurs et parents inquiets… Cette rentrée 2020 est assez exceptionnelle avec la crise sanitaire actuelle. Mais nous n’allons pas parler de ça aujourd’hui.

En février 2020, je me suis lancée dans le projet d’interviewer des professeurs en maternelle, élémentaire, au collège, lycée et université.

Grâce à des amis, nos familles, (et à vous chers lecteurs !), le pari est réussi ! En juillet s’est terminée notre saga sur l’Éducation Nationale et toute l’équipe de Jaïne&Co en est très fière !

Les différents entretiens

Commençons par une petite liste récapitulative des différentes intervenantes que l’on a reçues (cliquez sur leurs noms pour lire leurs interviews).

Caroline R. est professeure en maternelle depuis 2001. Elle s’occupe d’un double niveau Petits-Moyens. Son moment préféré avec ses élèves est la lecture d’album.

Christine W. est directrice d’école maternelle depuis 2009 mais elle enseigne en maternelle et en élémentaire depuis trente-sept ans. Ce qu’elle préfère dans la direction, c’est le pilotage pédagogique.

Mylène V. est professeure des écoles en élémentaire. Elle a beau avoir commencé sa carrière il y a deux ans, elle a une motivation sans limite pour créer des activités toujours plus chouettes pour ses élèves.

Romane S. est professeur d’EPS au collège, titularisée depuis un an. Elle a eu du mal à trouver des idées pour que ses élèves continuent à avoir une activité pendant le confinement, mais elle a réussi !

Maureen B. est professeure de SVT remplaçante au lycée. Elle est toujours à la recherche de liens entre sa matière et la vie quotidienne de ses élèves.

Odile M. est professeure de chimie pour des classes de BTS Métiers de la Chimie. Elle adore son métier car elle ne s’ennuie jamais !

Bénédicte B. est professeure d’anglais à l’université. Voir ses étudiants s’épanouir est sa plus grande fierté.

Pourquoi devenir prof ?

Durant ses interviews j’ai compris qu’aujourd’hui, pour être un bon professeur, il faut être passionné et patient. Passionné par sa/ses matières, aimer apprendre de ses élèves tout autant que leur apprendre des choses, et le contact avec eux.

La patience est une vertu nécessaire pour tous les niveaux. Travailler en maternelle signifie passer ses journées accroupis pour être à hauteur de ses élèves, lire à voix haute plusieurs fois dans la journée, répéter beaucoup, et ne pas avoir peur de gérer les crises de colère des petits. À l’université, les profs doivent jongler entre encourager et soutenir leurs étudiants, tout en faisant en sorte qu’ils soient prêts pour leur futur travail.

© lil_foot, Pixabay

Comme m’ont dit Bénédicte, Odile et Caroline, ce métier leur permet aussi une grande liberté, une certaine indépendance, un lien social constant. Ce sont des avantages qu’il faut prendre en compte lors de son orientation professionnelle ou d’un changement de parcours.

Les choses qu’il faudrait changer d’après les profs

Comme tout, la vie de profs n’est pas toute rose. Il y a beaucoup de choses à changer, à faire évoluer, pour que l’Éducation Nationale en France retrouve sa grandeur d’autrefois (si elle en a eu une un jour).

Il y a un grand manque de moyens pour le matériel des élèves et des professeurs. Le nombre d’élèves par classe augmente toujours plus ce qui n’aide pas l’apprentissage.

 Nous avons des classes aux effectifs nombreux (dans ma classe de 1ère, j’ai 37 élèves !).

Maureen B.

Certains professeurs ont beaucoup de tâches administratives qui n’ont aucun lien avec leur métier, comme tenir une liste pour la cantine, pour la garderie, les numéros de téléphone des parents, etc. Ceux qui sont en début de carrière connaissent rarement les niveaux des classes qu’ils vont accompagner au cours de l’année scolaire avant le 1er septembre, ce qui ne leur permet pas de préparer leurs cours en amont.

Ajoutez à ça la fatigue inhérente, le salaire peu valorisant, les locaux trop petits et le manque de personnel, la tension monte.

Et évidemment, ce qui rend fou, c’est le sentiment de ne pas être écouté par le gouvernement. Chacune des professeures que j’ai interviewées me l’a dit. L’écoute, la reconnaissance, le soutien, elles ne l’ont pas, ni de la part de l’État, ni de la part de la société.

Alors qu’ils éduquent nos enfants, instruisent les nouvelles générations, ces personnes se démènent pour que les élèves soient heureux et donnent le meilleur d’eux-même. Ils sont la base sur laquelle chacun d’entre nous s’appuie pour grandir.

Des enfants qui apprennent mal, c’est une société qui pourrit. C’est du long terme et il faudrait accepter de le voir ainsi. Oui, l’Éducation ça n’a pas de prix, mais ils en mettent un.  

Odile M.

Le bonheur d’instruire

Et malgré ça, toutes ces femmes adorent leur métier et ne l’échangeraient pour rien au monde.

Le travail est varié et change tous les jours. Elles se doivent d’être créatives pour imaginer des activités toujours plus chouettes pour leurs élèves, qu’ils aient 3 ou 17 ans.

Au cours d’une année, elles voient leurs élèves grandir, apprendre, faire des erreurs, s’émerveiller, et se rapprocher toujours plus de la vie d’adulte.

Sans passion, le métier serait ennuyeux et frustrant. Pour quelqu’un qui ne supporte pas les enfants, ça serait l’enfer. Et enfin, toute scolarité nécessite une extrême patience.

© lil_foot, Pixabay

J’espère que cette série d’articles et cette synthèse vous ont aidé à mieux comprendre le métier de professeur, et vous donneront un nouveau regard sur ces personnes qui éduquent ceux qui s’occuperont de nous lorsqu’on sera vieux et défraîchis.

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